France Télécom : baisse des tarifs

Vincent Bernat

Note

Cet article a été publié dans « W », un annuaire de sites web accompagné de quelques articles que je maintenais entre 1996 et 1998. Il est reproduit ici avec quelques retouches cosmétiques dans un but de conservation historique.

Récemment, France Télécom a finalement mis en place sa « baisse » des tarifs. Depuis le premier octobre, cette tarification est en effet en vigueur avec en plus la tarification à la seconde. De plus, la facture détaillée devient gratuite, les tranches horaires sont simplifiées. Voilà ce que nous annonce France Télécom. Qu’en est-il exactement ?

Simplification des tranches horaires#

Le nombre de tranches horaires passe de quatre à deux. Le tarif blanc et surtout le tarif bleu nuit (65 % de réduction) disparaissent. C’était la tranche horaire privilégiée de tous les internautes « intensifs ». Le tarif rouge, lui, reste intact et même prend le luxe de s’étendre un peu plus, englobant par la même occasion la quasi-totalité de la tranche blanche. La tranche bleue (50 % de réduction) est conservée et commence dès 19 heures et c’est le seul point positif de cette nouvelle tarification.

Baisse des tarifs#

France Télécom annonce une baisse alors que la tranche la plus économique disparaît, serait-ce de la publicité mensongère ? On n’en est pas loin, cependant la baisse est effective sur les communications nationales (à plus d’une centaine de kilomètres) et internationales, bref sur une minorité des communications habituelles d’un Français. Le local, quant à lui, augmente comme le témoigne le changement de tarification.

Tarification à la seconde#

Désormais, vous ne payerez que ce que vous consommerez. L’ancien système d’unité fixait un tarif particulier pour une certaine unité de temps (par exemple 0,74 F pour 3 minutes), ce qui avait plusieurs désavantages : on payait dès la première seconde les 74 centimes, même si la communication était finalement un échec, une coupure de communication pouvait gâcher une unité et une partie de la dernière unité était payée sans pour autant que l’on ait profité du temps correspondant. Le passage à la tarification à la seconde devrait donc résoudre ces problèmes.

Bilan très mitigé : les trois premières minutes sont indivisibles et coûtent 74 centimes, quelle que soit la tranche horaire, cela ne résoudra pas les problèmes de ceux qui ont du mal à se connecter correctement, cela ne résoudra pas non plus le problème d’une coupure intempestive. Par contre, cela permet de payer, si j’ose le dire, que ce que l’on consomme. On remarquera aussi le prix particulièrement élevé du flux d’électron (moins cher de l’autre côté de l’Atlantique). Mais, cerise sur le gâteau, à temps égal, cette tarification coûte plus cher ! Bref, ce n’est nullement une baisse, mais bien une hausse !

Et le tarif bleu nuit ?#

L’annonce de la disparition du tarif bleu nuit a soulevé bon nombre d’Internautes qui se sont mobilisés afin de faire pression contre France Télécom et le gouvernement afin de le rétablir. Le gouvernement a soi-disant donné quelques directives pour alléger la facture des Internautes.

La Primaliste Internet a été créée. Le principe est simple : pour 10 F par mois, ce système permet de ne payer plus « que » 5,23 F de l’heure (soit 40 % de réduction) à partir de 22h sur un numéro clairement identifié comme étant celui d’un provider; c’est donc plus cher que l’ancien tarif bleu nuit, Primaliste classique et Temporalis ne s’appliquent pas sur la tranche horaire appliquée, ce qui augmente encore la facture. De plus, si vous avez plusieurs providers ou appeliez des BBS ou autres, vous ne pourrez pas spécifier tous les numéros. Bref, ce nouveau système sent autant l’arnaque que le reste.

Réactions#

Alors que le gouvernement et la direction de France Télécom avaient promis une baisse des télécommunications pour promouvoir l’usage d’Internet, on observe l’effet contraire. Les internautes sont irrités et il y a de quoi. Plusieurs actions sont prévues, le forum de France Télécom a été fermé et des mails de protestations atterrissent auprès de toutes les autorités plus ou moins proches de l’affaire. Certains attendent le premier janvier, date de l’entrée de la concurrence, pour profiter de tarifs plus bas, cependant, le local sera toujours géré par FT qui pourra donc appliquer les tarifs qui lui plaisent.