Le Network Computer

Vincent Bernat

Note

Cet article a été publié dans « W », un annuaire de sites web accompagné de quelques articles que je maintenais entre 1996 et 1998. Il est reproduit ici avec quelques retouches cosmétiques dans un but de conservation historique de cette période. Il s’agit du tout premier article que j’ai publié.

Le Network Computer (NC) est une machine pourvue d’un minimum pour utiliser les ressources d’Internet. Ses principaux points forts ? Simplicité d’utilisation, bas prix. Ses principaux points faibles ? Pas de disque dur ou autre unité de stockage de masse, impossibilité de créer. Son atout ? Java. Sa principale cible ? Le grand public, pour qui le magnétoscope est déjà très complexe, mais aussi les entreprises possédant un réseau local.

Le Network Computer est en fait une arme redoutable contre l’hégémonie des deux grands : Microsoft et Intel. Jugez plutôt : il s’appuie principalement sur le langage Java de Sun. Celui-ci permet de créer des logiciels indépendants de la plate-forme logicielle, Windows s’en voit donc menacé. Qui dit indépendant de la plate-forme logicielle dit indépendant de la plate-forme matérielle, la compatibilité Intel n’est plus requise et on peut trouver des puces 10 fois moins chères et aussi performantes.

Inutile de dire que Microsoft et Intel n’apprécient pas. À chacun de trouver à cette technologie ses défauts : manque de puissance, pas de disque dur, trop cher, invendable… Finalement, fin octobre, Microsoft et Intel définissent le Net PC, une sorte de NC mais avec un disque dur. Quelque temps plus tard, Bill Gates se dit prêt à supporter les appareils dépourvus de disque dur… Il semblerait que Microsoft ne soit plus aussi sûr de sa stratégie.

Le NC reste cependant plus une nouvelle technologie qu’une machine finalisée. Si les projets fleurissent un peu partout, peu de machines sont encore aptes à fonctionner. Le WebTV de Sony est certes déjà sur le marché mais il ne s’agit que d’un simple terminal Internet. De par l’ouverture du standard, beaucoup de technologies différentes sont utilisées : certains préfèrent rester avec Intel et utiliser le Pentium, d’autres utilisent des puces peu chères et surpuissantes…

Pour le moment, le NC reste donc une façade contre Microsoft et Intel. Oracle, Sun, IBM et d’autres tentent de retrouver une place meilleure face au rouleau compresseur Microsoft-Intel. Si le NC est parfaitement utilisable dans un réseau d’entreprise, son utilisation dans le réseau Internet est plus sujette à caution, à cause de la lenteur qui pourrait en survenir, mais aussi de l’épineux problème de sécurité : laisseriez-vous vos données sur un serveur aux États-Unis ?

Quoiqu’il en soit, il s’agit d’une technologie prometteuse et qui mérite que l’on s’intéresse à elle, même si elle ne sera réellement effective que dans deux ou trois ans.